Quand partir
Quand partir en Islande ? La réponse honnête, saison par saison

Aurores boréales, route 1 complète, macareux ou budget serré : la meilleure période pour partir en Islande dépend de ce que vous venez y chercher. Notre analyse honnête, saison par saison, sans vendre l’île comme parfaite toute l’année.
« Quand partir en Islande ? » est la question qu’on nous pose le plus sur cette destination, et c’est la seule où notre réponse commence toujours par une autre question : qu’est-ce que vous venez y chercher ? Aurores boréales, randonnées dans les highlands, tour complet de la route 1, budget maîtrisé : chaque envie a sa saison, et aucune saison ne coche toutes les cases. Voici notre lecture honnête, mois par mois, après plusieurs séjours sur l’île à des périodes différentes.
Un préalable qui évite bien des déceptions : l’Islande ne se choisit pas sur les photos, mais sur la lumière et l’état des routes. Entre le jour quasi permanent de juin et les 4 à 5 heures de clarté de décembre, ce n’est littéralement pas le même pays : mêmes cascades, mêmes plages noires, mais un rythme de journée, un budget et un niveau d’exigence de conduite radicalement différents. Et certaines régions, highlands en tête, ne sont tout simplement pas accessibles la moitié de l’année, quelle que soit votre motivation.
L’été (mi-juin à août) : l’île entière, mais pas pour vous seuls
C’est la saison de la totale : la route 1 se boucle sans stress en 10 à 14 jours, les pistes F des highlands ouvrent (Landmannalaugar, Askja), et le jour quasi permanent permet de randonner à 23 h sous une lumière dorée. Les fjords de l’Ouest et de l’Est deviennent accessibles sans expérience de conduite hivernale, et les températures oscillent entre 10 et 15 °C en journée, parfois 20 °C les bons jours. Le revers est tout aussi net : c’est la période la plus chère et la plus fréquentée de l’année. Les hébergements corrects partent 6 à 9 mois à l’avance, une chambre double basique dépasse facilement 150 à 200 € la nuit sur la côte sud, les locations de 4x4 et de vans suivent la même courbe, et les sites du Cercle d’or ou la lagune de Jökulsárlón se visitent en flux continu au milieu des cars.
- Pour qui : premier voyage en Islande, tour complet de la route 1, randonneurs visant les highlands et les fjords de l’Ouest.
- À accepter : le budget le plus haut de l’année, des réservations très en avance, la foule sur les sites majeurs entre 10 h et 17 h.
- Ce que vous n’aurez pas : les aurores boréales, invisibles sous le ciel trop clair de l’été islandais.
Septembre-octobre : notre choix, et on l’assume
C’est la fenêtre qu’on recommande le plus souvent, et celle qu’on choisit pour nous-mêmes. Les nuits redeviennent assez sombres pour les aurores boréales dès fin août, la toundra vire au rouge et à l’or en septembre, les cascades restent alimentées par un débit généreux, et la route 1 demeure praticable en voiture classique la plupart du temps, au moins jusqu’à la mi-octobre. La foule estivale est repartie, les prix des hébergements baissent de 20 à 30 %, les baleines s’observent encore depuis Húsavík en septembre, et on retrouve des plages de sable noir presque désertes en fin de journée. Avec 11 à 13 heures de jour en septembre, les journées restent longues pour visiter, et les nuits assez noires pour guetter le ciel. Le compromis : une météo plus instable, premières neiges possibles en altitude fin octobre, ce qui impose de la souplesse dans le programme et une vraie marge dans les étapes.
L’hiver (novembre à mars) : magique, mais exigeant
L’Islande hivernale est spectaculaire : aurores boréales au maximum de la saison, grottes de glace bleue sous le Vatnajökull (accessibles uniquement de novembre à mars, avec guide, comptez 150 à 200 € par personne), cascades partiellement figées, icebergs de Jökulsárlón échoués sur la plage de diamants, ambiance irréelle sur les plages noires désertes. Mais soyons directs : avec 4 à 5 heures de jour en décembre-janvier, chaque journée se planifie au cordeau, un site majeur le matin, un autre l’après-midi, pas davantage. Et la conduite devient un vrai sujet : routes verglacées, vent capable d’arracher une portière ouverte sans précaution, tempêtes qui ferment des axes entiers en quelques heures. Le site road.is et les alertes de safetravel.is deviennent vos pages d’accueil, et on annule une étape sans état d’âme quand la météo le décide.
- Pour qui : chasseurs d’aurores, photographes, voyageurs déjà à l’aise sur la neige.
- Le bon format : rayonner depuis 2 ou 3 bases sur la côte sud plutôt que boucler la route 1, en 4x4 obligatoirement.
- Le bonus : les prix les plus bas de l’année en novembre et de janvier à mars, hors fêtes.
Mai : le compromis malin
Mai est la saison discrète qu’on suggère aux budgets attentifs : jours déjà très longs (16 à 20 heures de clarté), routes principales dégagées, tarifs d’hébergement et de location encore 20 à 40 % sous ceux de juillet, et sites majeurs sans la densité de l’été. C’est aussi le retour des macareux, qui nichent sur les falaises de Dyrhólaey, de Látrabjarg ou des îles Vestmann dès le mois de mai et jusqu’en août : les observer à quelques mètres, sans téléobjectif ni bousculade, reste un de nos souvenirs islandais préférés. Ajoutez les agneaux dans les prés et les premières journées vraiment douces. Les limites : certaines pistes d’altitude restent fermées, la végétation sort à peine de l’hiver, et quelques cascades gardent leur gangue de glace tardive.
Les highlands : été seulement, sans négociation
Précision qui change des itinéraires entiers : les pistes intérieures (routes F) n’ouvrent en général que de fin juin à début septembre, selon la fonte des neiges, et exigent un vrai 4x4, gués à traverser compris. Landmannalaugar, Thórsmörk ou Askja sont donc hors programme le reste de l’année, sauf excursion en super-jeep avec guide, une expérience superbe mais facturée en conséquence. Si les highlands sont votre priorité, la question « quand partir en Islande » est déjà tranchée : juillet-août, point.
Le tableau mental : choisissez par envie, pas par mois
- Aurores boréales : septembre-octobre pour le confort de voyage, novembre à mars pour l’intensité et les nuits longues.
- Route 1 complète en autonomie : de mi-juin à mi-septembre, en voiture classique.
- Randonnée et highlands : juillet-août uniquement, réservations très anticipées.
- Budget maîtrisé : mai, ou octobre-novembre en acceptant une météo joueuse.
- Photographie : septembre-octobre pour les couleurs et la lumière rasante, l’hiver pour la glace et les ciels dramatiques.
- Macareux et faune : de mai à début août sur les falaises à colonies, baleines de juin à septembre.
« Il n’y a pas de mauvaise saison en Islande. Il y a des voyages mal alignés avec ce qu’on venait y chercher. »
Dites-nous ce que vous venez chercher en Islande, vos dates possibles et votre rapport à la conduite : on vous dira franchement quelle fenêtre choisir, quitte à vous conseiller de décaler le départ d’un mois. Et on construira l’itinéraire qui va avec, hébergements bien placés, plan B météo compris.
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