Itinéraires
Islande : la Route 1 en 10 jours, dans le bon sens

1 300 km de boucle, des cascades de la côte sud aux solfatares de Mývatn : notre itinéraire de la Route 1 en 10 jours, en sens antihoraire, avec les étapes qui méritent deux nuits et les vraies règles de conduite face au vent islandais.
La Route 1, c’est 1 300 km de boucle autour de l’Islande : cascades géantes et plages de sable noir au sud, lagune glaciaire de Jökulsárlón, fjords de l’Est, région volcanique du lac Mývatn au nord. Dix jours suffisent pour la boucler sans stress, à une condition que presque personne ne vous donne : partir dans le bon sens. On a roulé cette boucle en sens antihoraire, et on ne la referait jamais autrement. Voici pourquoi, et le déroulé étape par étape.
Cadrons d’abord la saison : cet itinéraire est pensé pour la fenêtre de mi-juin à mi-septembre, celle où la boucle entière se roule sereinement en voiture classique. Pour choisir votre période en détail, aurores comprises, on a écrit un article complet sur quand partir en Islande, saison par saison : ici, on parle route, étapes et rythme. Dix jours, c’est le format juste : la boucle se fait en 7 jours au pas de course, mais c’est en y laissant trois jours de marge qu’elle devient un voyage plutôt qu’un rallye.
Pourquoi le sens antihoraire change tout
Trois raisons, toutes pratiques. Un : les sites les plus spectaculaires, Cercle d’or, côte sud, Jökulsárlón, tombent dans les quatre premiers jours, quand vous êtes frais et que rien n’a encore glissé dans le planning ; si la météo se gâte en fin de séjour, vous sacrifiez un tronçon de liaison, pas l’essentiel. Deux : la plus longue journée de volant, la traversée du nord-ouest, arrive en fin de parcours, quand la conduite islandaise est devenue une habitude. Trois : vous terminez à moins de deux heures de Reykjavik, avec une vraie marge de sécurité avant le vol retour, au lieu de finir le dernier soir à l’autre bout de l’île.
Les 10 jours, étape par étape
- Jour 1 : arrivée à Keflavík (4 à 5 h de vol direct depuis le Luxembourg, ou 5 à 7 h via Copenhague ou Dublin), prise du véhicule, nuit à Reykjavik.
- Jour 2 : Cercle d’or : Þingvellir, geysers de Geysir, cascade de Gullfoss ; nuit vers Hella ou Selfoss.
- Jour 3 : côte sud : Seljalandsfoss, Skógafoss, plage noire de Reynisfjara ; nuit à Vík.
- Jour 4 : Skaftafell et ses randonnées au pied du Vatnajökull, puis Jökulsárlón et la plage de diamants ; nuit vers Höfn.
- Jour 5 : fjords de l’Est au rythme des villages de pêcheurs, détour par Seyðisfjörður ; nuit à Egilsstaðir.
- Jour 6 : cap au nord : cascade de Dettifoss, arrivée au lac Mývatn, bains géothermaux en fin de journée.
- Jour 7 : journée complète à Mývatn : pseudo-cratères, solfatares de Hverir, champs de lave ; nuit sur place.
- Jour 8 : Goðafoss au passage, pause à Akureyri, la capitale du Nord, puis traversée vers l’ouest ; nuit vers Borgarnes.
- Jour 9 : péninsule de Snæfellsnes en option, l’« Islande en miniature » : Kirkjufell, falaises d’Arnarstapi ; sinon, journée tampon météo.
- Jour 10 : retour tranquille vers Reykjavik, piscine géothermale ou dernier musée, restitution du véhicule.
Cercle d’or et côte sud : le concentré des trois premiers jours
Le Cercle d’or porte bien son nom de mise en jambes : à Þingvellir, vous marchez littéralement entre les plaques tectoniques européenne et américaine ; à Geysir, le Strokkur explose toutes les 8 à 10 minutes, colonne d’eau bouillante garantie ; et Gullfoss précipite sa double chute de 32 m dans un canyon qui fume. La côte sud enchaîne ensuite les images d’Islande qu’on connaît avant d’y avoir mis les pieds : Seljalandsfoss, derrière laquelle un sentier passe (imperméable obligatoire), Skógafoss et son escalier vers le sommet, puis Reynisfjara près de Vík, plage noire aux orgues basaltiques. Un avertissement sérieux sur cette dernière : ne tournez jamais le dos à l’océan, les vagues scélérates y surprennent chaque année des visiteurs.
Jökulsárlón : le point d’orgue, et il mérite deux nuits
La lagune glaciaire de Jökulsárlón est le moment que personne n’oublie : des icebergs bleutés détachés du glacier Breiðamerkurjökull dérivent vers la mer, des phoques nagent entre les blocs, et juste en face, la plage de diamants expose ses morceaux de glace polie sur le sable noir. C’est aussi la raison de dormir deux nuits dans le secteur Skaftafell-Höfn si votre planning le permet : la lumière du soir et celle du matin y sont radicalement différentes, et les randonnées de Skaftafell, au pied de la plus grande calotte glaciaire d’Europe, valent une demi-journée à elles seules. C’est le tronçon le plus dense du voyage : tout raccourci ici se paie en regrets.
Fjords de l’Est et Mývatn : la récompense de ceux qui bouclent
Beaucoup de visiteurs font demi-tour après Jökulsárlón : c’est exactement pour ça qu’il faut continuer. Les fjords de l’Est déroulent une route en corniche quasi déserte, ponctuée de villages de pêcheurs, avec le détour qu’on recommande toujours : Seyðisfjörður, bourgade d’artistes au bout de sa descente en lacets. Puis le nord change complètement de registre : Dettifoss, cascade la plus puissante d’Europe, gronde dans son canyon gris, et le lac Mývatn aligne pseudo-cratères, solfatares fumantes de Hverir et bains géothermaux où terminer la journée à 40 °C. Sur la route d’Akureyri, ville de 20 000 habitants et vraie capitale du Nord, Goðafoss offre l’arrêt photo le plus rentable de l’île : deux minutes de marche depuis le parking.
Quelle voiture ? Une standard suffit l’été
Inutile de surpayer un gros 4x4 pour cet itinéraire : la Route 1 est goudronnée sur la quasi-totalité de son tracé, et une voiture standard suffit parfaitement de mi-juin à mi-septembre, Cercle d’or et Snæfellsnes compris. Le 4x4 ne devient obligatoire que pour les pistes F des Highlands (Landmannalaugar, Askja), ouvertes seulement de mi-juin à mi-septembre, qui ne font pas partie de cette boucle. Deux vraies recommandations en revanche : prenez la protection graviers, les impacts de pare-brise sont le sinistre le plus courant de l’île, et faites le plein dans les grandes villes, l’essence est chère et les stations s’espacent dans l’Est.
- Distance réelle : 1 300 km de boucle officielle, plutôt 1 800 à 2 000 km avec les détours ; une seule journée dépasse 4 h de volant dans ce déroulé.
- Budget : 120 à 200 € par jour et par personne (chambre double 80 à 150 €, repas 40 à 60 €, activités 30 à 50 €) ; l’Islande se prépare, elle ne s’improvise pas.
- Hébergements : réservez 6 à 9 mois à l’avance pour juillet-août, les guesthouses bien placées de la côte sud partent en premier.
- Monnaie : la couronne islandaise (environ 145 ISK pour 1 €), mais la carte passe absolument partout, jusqu’au moindre food truck.
- Décalage horaire : -1 h en hiver, -2 h en été ; l’île reste à UTC+0 toute l’année, pratique pour les appels au Luxembourg.
Dix jours, un sens de rotation, des étapes qui respirent : voilà le squelette. Ce qu’on ajoute pour nos voyageurs, c’est le reste : les hébergements réservés au bon moment, les alternatives quand une tempête ferme un col, et un carnet de route qui vous dit chaque matin ce qui vaut le détour selon la météo du jour. Dites-nous vos dates : on vous construit votre version de la boucle, marge comprise.
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